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Résidence photographique en psychiatrie : découvrez l'exposition !

Hôpital
Résidence photographique en psychiatrie : découvrez l'exposition !
Publié le 08 Mai 2022

Après une résidence d’un an à l'hôpital, le photographe Frédéric Stucin expose son travail à la Villa Pérochon jusqu'au 3 septembre.

C’est un voyage immersif que propose Frédéric Stucin à travers son exposition et le livre « Les Interstices ». Après une résidence d’un an en psychiatrie, le travail du professionnel est exposé au public, à la Villa Pérochon. L’occasion de revenir sur une expérience riche, autant pour les patients que pour les soignants et le photographe. 

Un projet collectif

Si la résidence de Frédéric Stucin a pu être possible, c’est grâce, en premier lieu, au dispositif Capsule du ministère de la Culture dont a pu bénéficier la Villa Pérochon. Il a permis l’élaboration d’un projet commun mené par la Villa Pérochon et l’hôpital de Niort, soutenu par les Drs Ménétrier et Baudouin, l’association Peppsy, les soignants des soins intersectoriels de « La P’tite Cafet’ » et radio Pinpon.
En 2020, les deux établissements ont lancé un appel à projet qui s’adressait aux auteur.e.s photographes francophones, invitant celui/celle qui serait retenu.e à s’immerger au sein d’un service de psychiatrie. L’objectif ? Toucher un public qui ne peut ou ne s’autorise pas à aller vers des lieux culturels dans la ville et permettre à un artiste de travailler avec des personnes à l’écart de la société par le prisme de la photo. Ce médium servant de support pour des rencontres et des échanges. Près de 70 photographes ont répondu à cet appel ! 
Le choix de Frédéric Stucin ne s’est pas fait par hasard. Il a su séduire trois jurys successifs composés de soignants, de patients et de professionnels artistiques. Pour Eric Lotterie, infirmier en psychiatrie, le fait que les patients puissent choisir le photographe, a participé à la réussite de ce projet, « il n’y a pas eu de déception ». 
J’étais en stage intensif finalement, je n’ai rien appris médicalement parlant, mais ma perception des gens a évolué, j’ai appris à observer, à écouter.

Une expérience enrichissante

En plus de vingt ans de carrière, Frédéric Stucin n’a jamais vécu une pareille expérience. Séduit par le projet qui plaçait le patient au centre, la durée de la résidence a également motivé le photographe à présenter sa candidature. 
D’un naturel curieux, Frédéric Stucin est arrivé dans les locaux de psychiatrie avec « rien en tête, je devais m’adapter aux personnes ». Il a alors pris le temps d’observer, d’analyser. Il s’installait avec son matériel dans « La P’tite Cafet’ » et attendait. Très vite, les patients sont venus le voir, lui posant des questions, s’intéressant aux appareils et aux objectifs. C’est comme ça que des relations humaines et amicales sont nées.
Frédéric Stucin a suivi le désir des patients : « Ce sont eux qui donnaient l’impulsion, je n’ai jamais exigé un portrait ». Certains souhaitaient simplement se faire tirer le portrait quand d’autres voulaient être représentés pendant l’exposition, être vus. 
Pour le photographe, cette résidence lui a appris énormément : « Ça a changé beaucoup de choses. J’étais en stage intensif finalement, je n’ai rien appris médicalement parlant, mais ma perception des gens a évolué, j’ai appris à observer, à écouter. J’ai une meilleure compréhension de l’autre et je l’applique dans mon quotidien à présent. ».  Une évolution que confirme le Dr Yves Ménétrier, psychiatre, chef de service : « J’ai vu son regard changer au fil des semaines, cela s’est traduit dans ses photos. ».
Sa résidence n’a pas seulement permis à Frédéric Stucin de grandir personnellement, elle a également apporté une autre forme de soins pour les patients. « C’était exceptionnel, de vraies relations humaines et de qualité se sont créées entre eux et le photographe », constate Eric Lotterie. L’une des patientes a même confié à Frédéric Stucin que « c’était la première fois [qu’elle se voyait] en vrai ». Un témoignage qui va marquer profondément les professionnels. Aujourd’hui encore, les patients continuent d’échanger avec Frédéric Stucin.

Un projet qui va loin…

Le retentissement de cette résidence est sans égal. Le Dr Yves Ménétrier se dit même « étonné de l’ampleur que cela a pu prendre ». Un livre éponyme accompagné d’un texte d’Ondine Millot, journaliste, a été édité afin de « garder des traces de ce travail et des émotions suscitées » par cette coopération. 
Les soignants ont aussi proposé aux patients de créer une seconde exposition à l’espace Burguet de psychiatrie, afin qu’ils se réapproprient leur image. Elle devrait avoir lieu au deuxième semestre 2022.
L’exposition va aussi voyager dans différentes Centre photographiques en France, notamment en 2023 à Strasbourg, Châlons-sur-Saône et Chartes-de-Bretagne.

Où et quand voir l’exposition ?

L’exposition a lieu à la Villa Pérochon à Niort, jusqu’au 3 septembre, du mardi au samedi de 13 h 30 à 18 h 30. Entrée gratuite.
 

Réalisation

Intuitiv